Se faire un peu violence - Salvation Army Canada

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    Se faire un peu violence

    Sortir de sa zone de confort pour aider son prochain peut révéler l’amour de Christ. mars 2, 2022 Dean Simpson

    Ma mère n’a pas de très bons antécédents avec les chats.

    Elle en a accidentellement écrasé plusieurs, dont certains étaient les nôtres, sans parler des autres qui l’ont échappé belle. Maman n’a jamais eu une relation harmonieuse avec les animaux, bien qu’elle ait élevé trois fils qui avaient transformé son foyer en une véritable ménagerie : souris, lapins, têtards et amis à plumes.

    Cependant, ses fils vous diraient que son plus grand exploit, c’est la fois où elle a enterré le mauvais chat.

    « Le mauvais chat »

    Maman venait de nous déposer à l’école, mes frères et moi. Au moment de rentrer à la maison, elle aperçut sur le bord de la route une voisine qui avait l’air inquiète. Il y avait une boîte en carton et une pelle à ses côtés.

    Curieuse, maman s’arrêta et la salua. « Bonté divine, Di, qu’est-ce qui se passe? »

    Di indiqua l’endroit derrière la boîte où gisait un gros chat noir, visiblement mort. « Oh, Helen, c’est notre chat. Il a dû être heurté par une voiture. Je dois le mettre dans la boîte et le ramener à la maison pour l’enterrer avant que les enfants ne reviennent. Je ne veux pas qu’ils le voient comme ça. »

    Comme je l’ai mentionné précédemment, ma mère n’a jamais été folle des animaux. S’occuper du cadavre de l’un d’eux l’amenait davantage à se faire violence. Un million d’excuses lui ont traversé l’esprit avant qu’elle ne dise : « D’accord, on va essayer. »

    S’il y avait eu une caméra cachée pour filmer toute la scène pendant les dix minutes qui ont suivi, nous aurions pu voir deux jeunes mères tentant de ramasser un félin en état de rigidité cadavérique à l’aide d’une petite pelle et de le déposer dans une boîte. Elles essayaient de ne pas prêter attention aux conducteurs qui ralentissaient près d’elles, et dont les expressions faciales variaient de la bouche ouverte aux froncements de sourcils en passant par les hochements de tête.

    Une fois leur tâche effectuée, Di prononça les mots que ma mère redoutait : « Oh, Helen, tu veux bien venir avec moi pour m’aider à creuser le trou? »

    Un million d’autres excuses lui passèrent par la tête avant qu’elle ne dise en soupirant : « Très bien, on va essayer. »

    Une heure plus tard, la tâche était accomplie. Le chat était enterré, et un petit monticule de terre fraîchement retournée constituait l’unique souvenir d’un matin que ma mère aurait préféré oublier.

    Le lendemain, après avoir siroté plusieurs tasses de thé pour calmer son angoisse chronique, ma mère reçut un appel téléphonique de Di, qui d’une voix hésitante lui dit : « Helen, tu ne le croiras jamais ... mais notre chat vient de rentrer par la porte de derrière! Oh, Helen, nous avons enterré le mauvais chat! »

    Christianisme pratique

    Ma mère a été membre de l’Armée du Salut toute sa vie. Le travail de l’Armée a souvent été décrit comme « le christianisme aux manches retroussées ». Ma mère en est un très bon modèle.

    Au fil des ans, elle s’est investie dans de nombreuses activités bénévoles, qu’il s’agisse d’emballer des jouets pour les enfants défavorisés à Noël ou de livrer des paniers de nourriture à des personnes dans le besoin. L’hospitalité est sa force, et elle est toujours à l’écoute des autres, quelles que soient les circonstances, au point de donner un coup de main à une voisine pour enterrer son chat mort.

    En tant que chrétiens, nous sommes appelés à servir comme Jésus l’a fait. Cela implique que nous devrons parfois nous salir les mains en prenant soin des autres. Servir comme Jésus l’a fait nous amènera à sortir de notre zone de confort. Ne serait-ce pas formidable si nous prenions exemple sur ma mère et disions : « Très bien, on va essayer? »

    Dean Simpson fait partie de l’équipe du service des communications de l’Armée du Salut en Australie.

    Traduction d’un article du numéro de novembre 2021 de la publication Others.

    Photo : sonsedskaya/stock.Adobe.com

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