Une mission sans frontières - Salvation Army Canada

Archives

  • févr26sam

    Une mission sans frontières

    Un petit poste offre du soutien à une communauté des Premières Nations a Québec février 26, 2022 Barbara Carey
    Le lieutenant Brandon Keeping et Ed Wabie
    Le lieutenant Brandon Keeping et Ed Wabie

    Temiskaming Shores est une petite localité située à deux heures de route au nord de North Bay (Ontario) L’an dernier, les lieutenants April et Brandon Keeping, officiers responsables de l’église communautaire de Temiskaming, ont exprimé leur intérêt à offrir du soutien à une communauté des Premières Nations au Québec. La major Mélisa Tardif, commandante de la division du Québec de l’Armée du Salut, s’est montrée très enthousiaste à l’égard de leur projet. Elle m’a demandé de me rendre àTemiskaming Shores pour en apprendre davantage sur le projet et offrir mon appui.

    J’ai tout de suite remarqué la passion qui anime les lieutenants Keeping pour l’exercice du ministère, même si cela les amène à aller au-delà des frontières provinciales et culturelles. Une fois par mois, leur équipe prépare des paniers de denrées alimentaires qui sont distribués à des familles de la Première Nation de Timiskaming, au Québec. J’ai demandé aux lieutenants Keeping de me parler de leur projet et de son incidence sur la collectivité.

    Parlez-nous du ministère que vous exercez à Temiskaming Shores.

    Outre le poste, nous gérons une banque alimentaire et offrons des services d’hébergement d’urgence, de l’aide au paiement des factures de services publics, de l’aide aux déplacements, ainsi que des soins émotionnels et spirituels. Nous collaborons étroitement avec plusieurs organismes locaux de services sociaux, le service de police, les services aux victimes, ainsi que des écoles de la région. Nous offrons également des services à une dizaine de petites municipalités de la partie sud du district de Timiskaming. Nous avons quatre employés qui gèrent un magasin d’occasions, où souvent des personnes dans le besoin peuvent se procurer gratuitement des vêtements pour l’hiver, ainsi que des articles ménagers.

    Pourquoi avez-vous décidé d’exercer un ministère dans cette collectivité?

    Au début, nous n’envisagions pas d'offrir de l’assistance à des collectivités du Québec en raison des restrictions liées à la pandémie de Covid-19. Pendant de nombreux mois, la frontière entre le Québec et l’Ontario a été fermée complètement. Un peu après Noël 2020, nous avons commencé à recevoir des demandes d’aide alimentaire, notamment de résidants de Notre-Dame-du-Nord et de familles de la Première Nation de Timiskaming

    En quoi consiste votre ministère?

    Après des discussions avec notre commandant régional, nous avons communiqué avec la direction de la division du Québec pour savoir comment nous pourrions, ensemble, offrir notre aide à nos voisins du Québec et des Premières Nations. Après avoir examiné certains détails de logistique, nous avons communiqué avec le Centre de santé et de bien-être de la Première Nation de Timiskaming, qui a consulté le conseil de bande. Celui-ci nous a accueillis à bras ouverts. Le 1er septembre dernier, nous avons effectué notre première livraison de denrées alimentaires à dix familles.

    Karen Woods, bénévole de longue date et sergente-major de poste, et Samantha Carr, notre administratrice de bureau, prennent vaillamment les inscriptions et préparent les paniers de nourriture pour chacune des familles. Je les charge à bord de notre nouveau (du moins pour nous) véhicule d’urgence, puis je roule pendant une trentaine de minutes vers la frontière avec le Québec. Là, Ed Wabie, salutiste, vétéran de la guerre de Corée et membre de la Première Nation de Timiskaming, m’attend. Nous livrons les paniers de denrées aux familles qui en ont fait la demande. Après environ deux heures, Ed et moi faisons un arrêt à l’Algonquin Variety pour boire un café et discuter de nos expériences personnelles, notamment des années pendant lesquelles Ed a servi dans l’armée, et moi dans un corps de police.

    Qu’est-ce que l’exercice de votre ministère auprès de cette collectivité autochtone vous apporte?

    La distribution de 23 kilos de nourriture peut sembler une activité banale, mais lorsque vous distribuez ces denrées en personne, vous rencontrez des gens qui ont des histoires de vie à raconter. Le fait de me rendre dans leur foyer me permet d’établir des rapports plus intimes que si ces échanges avaient lieu dans un magasin ou au coin d’une rue. On comprend mieux leur parcours et leur situation. Nous en sommes maintenant à notre sixième livraison et une relation s’est établie. C’est ce contact humain qui nous motive.

    Qu’est-ce que votre ministère signifie pour la collectivité?

    La réaction de nos voisins est extraordinaire. Un brin de causette sur le pas de la porte, un sourire et un « merci du fond du cœur » ouvrent la voie à l’établissement de rapports amicaux. Chacune de nos interactions est saluée par des gestes de remerciement et de sincère reconnaissance. Nous avons reçu des commentaires positifs du Centre de santé et de bien-être.

    Envisagez-vous d’offrir cette aide à long terme?

    Pour l’instant, nous ne prévoyons pas mettre fin aux services d’aide. Nous sommes en contact permanent avec des intervenants du Centre de santé et de bien-être afin de nous enquérir des besoins de la collectivité et de mieux y répondre.

    Avez-vous reçu du soutien de la collectivité?

    L’Armée du Salut est une organisation qui tend la main à un grand nombre de collectivités. New Liskeard fait partie de Temiskaming Shores, qui fait partie d’une plus grande agglomération. Étant donné que notre collectivité est la plus grande de la région, elle est le carrefour de nombreux services : écoles, établissements de soins de santé, commerces, magasins, etc. Par conséquent, les résidants de la région et du nord du Québec font de généreux dons en argent, en nature et en temps.

    Quelle est la source de financement de votre ministère?

    À l’exception d’une petite subvention d’Agroalimentaire Canada, nous n’avons pas reçu de financement additionnel pour ce ministère essentiel. Nous avons eu des discussions à ce sujet, mais en raison de la Covid-19 et d’autres facteurs, la question du financement pose toujours problème.

    Notre plus grand défi actuellement est l’acquisition d’un nouveau véhicule. Celui que nous possédons est trop petit et pas suffisamment puissant pour tracter une remorque sur les routes enneigées de la région. Comme solution provisoire, nous utilisons notre véhicule utilitaire sport personnel doté d'une capacité de tractage.

    Comment l’Armée du Salut de la division du Québec peut-elle appuyer ce projet? Selon vous, qu’est-ce que l’Armée du Salut pourrait offrir de mieux à cette collectivité?

    D’abord et avant tout, nous avons besoin de prières. Le Nord est une région qui présente de multiples défis pour un grand nombre de personnes, et la prospérité n’est pas à la portée de tous. En outre, si l’on tient compte de l’histoire passée et présente des familles et des enfants autochtones et du traitement qu’ils ont subi partout au pays, c’est la moindre des choses que nous pouvons faire.

    La réconciliation nous oblige à sortir de notre zone de confort, à reconnaître notre responsabilité et à établir des liens avec les Autochtones. Notre rôle ne consiste pas à régler des problèmes. Nous sommes ici pour établir des relations et encourager les gens. L’histoire a révélé un traumatisme dont les répercussions se feront sentir pendant encore des années, et nous ne pouvons rien y changer. Nos voisins ont besoin d’un ami qui est là pour les soutenir dans les moments difficiles et leur faire prendre conscience de leur valeur aux yeux du Créateur.

    Actuellement, nous parvenons à peine à répondre à leurs besoins immédiats. Nous espérons que notre ministère contribuera à nouer des liens avec les membres de cette collectivité, et qu’ensemble, nous avancerons vers un avenir rempli de l’amour infini de Jésus qui retombera sur tous ceux qui croiseront son chemin. À titre de disciples de Jésus, c’est tout ce que nous pouvons réellement accomplir. Aller à la rencontre des autres, les aimer et faire preuve de générosité envers eux pour la gloire de Dieu, notre Créateur.

     

    La major Barbara Carey est directrice des services communautaires et d’aide à la famille de Montréal, conseillère divisionnaire aux services d’aide à la famille et secrétaire divisionnaire de la mission intégrée pour la division du Québec.

    Laisser un commentaire